Recrutement d’un bureau d’études Évaluation du programme
La présente évaluation portera sur le Programme de coopération entre le Gouvernement du Niger et l’UNICEF pour la période 2023–2027. Ce programme constitue le cadre stratégique et opérationnel à travers lequel l’UNICEF appuie le Gouvernement dans la réalisation des droits de l’enfant, en cohérence avec les priorités nationales, le Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable 2023–2027, les Objectifs de développement durable, l’Agenda 2063 de l’Union africaine, les Plans stratégiques de l’UNICEF 2022–2025 et 2026–2029, ainsi que les Plans d’action Genre 2022–2025 et 2026–2029. Le programme a été approuvé avec un budget indicatif global de 438,559 millions USD, dont 113,845 millions USD en ressources ordinaires et 324,974 millions USD en autres ressources[1], sous réserve de la disponibilité des fonds.
L’objet de l’évaluation est le Programme pays UNICEF–Niger 2023–2027, y compris ses composantes programmatiques, ses stratégies transversales, ses modalités de partenariat, ses mécanismes de coordination et de suivi, ainsi que ses contributions aux résultats nationaux en faveur des enfants, des adolescents, des femmes et des communautés les plus vulnérables. Le Programme représente l’unité principale de redevabilité de l’UNICEF au niveau pays pour l’alignement des résultats et des ressources assignées à la coopération avec le Gouvernement du Niger.
Le Programme pays repose sur une vision selon laquelle toutes les filles et tous les garçons, de la naissance à l’adolescence, survivent, s’épanouissent, apprennent, développent leur plein potentiel, sont protégés contre toutes les formes de violence et d’exploitation, et contribuent au changement social positif dans leurs communautés. Le Programme s’articule autour de deux grandes orientations stratégiques. La première vise à contribuer à l’atteinte d’une couverture nationale des services sociaux, notamment la vaccination, l’enregistrement des naissances, l’éducation et les services essentiels de protection de l’enfant, avec un accent particulier sur la prévention du mariage des enfants. La seconde orientation vise le renforcement de la résilience, l’opérationnalisation de l’approche Nexus humanitaire-développement-paix, ainsi que la préparation et la réponse aux urgences dans les régions affectées par les conflits transfrontaliers et autres chocs, notamment Diffa, Maradi, Tahoua, Tillabéri et Zinder.
Sur le plan thématique, l’évaluation couvrira les composantes du Programme : santé et nutrition, eau-hygiène-assainissement (EAH), éducation, protection de l’enfant, et politiques sociales, ainsi que l’efficacité du programme[1]. Ces composantes visent collectivement à renforcer l’accès équitable des enfants, adolescents, femmes et communautés vulnérables à des services sociaux de qualité, à la protection contre les violences, l’exploitation, les abus et les pratiques néfastes, ainsi qu’à la protection sociale et à des opportunités favorisant leur inclusion socioéconomique.
Plus spécifiquement, les résultats attendus du Programme incluent :
- L’accès accru et équitable des enfants, adolescents et femmes les plus vulnérables aux interventions à fort impact en santé et VIH ;
- L’utilisation accrue de services essentiels de nutrition de qualité et l’adoption de bonnes pratiques nutritionnelles ;
- L’accès et l’utilisation de services d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement de base, y compris dans une perspective de résilience climatique ;
- L’accès à une éducation de qualité et à des compétences de base, y compris pour les filles, les enfants déplacés, réfugiés, migrants, nomades et en situation de handicap ;
- La protection des enfants contre la violence, l’exploitation, les abus et le mariage des enfants ;
- L’accès renforcé des enfants vulnérables à des politiques sociales et mécanismes de protection sociale sensibles aux enfants ;
- Une meilleure qualité, coordination, gestion, redevabilité et efficacité globale du Programme.
Les détenteurs de droits visés sont principalement les enfants, adolescents, jeunes, femmes enceintes et allaitantes, filles exposées au mariage des enfants et aux violences basées sur le genre, enfants non scolarisés, enfants malnutris, enfants déplacés, réfugiés, migrants ou affectés par les conflits, ainsi que les familles vivant dans les zones rurales, enclavées, frontalières ou exposées aux chocs climatiques et humanitaires. Les principaux détenteurs d’obligations comprennent les ministères sectoriels, les services déconcentrés, les collectivités territoriales et les acteurs communautaires responsables de la planification, du financement, de la prestation et du suivi des services sociaux de base.
Le Programme est mis en œuvre en partenariat avec les institutions nationales, les collectivités territoriales, les autres agences des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les leaders communautaires, religieux et traditionnels, ainsi que les groupes d’enfants et de jeunes. UNICEF contribue également à la coordination inter-agences et sectorielle, notamment dans les domaines de la nutrition, de l’éducation, de l’EAH et de la protection de l’enfant.
La logique d’intervention du Programme repose sur le renforcement des systèmes nationaux et locaux, l’amélioration de l’offre et de l’utilisation des services sociaux de base, la production et l’utilisation de données probantes, le changement des normes sociales, le plaidoyer pour des politiques et budgets sensibles aux enfants, ainsi que l’intégration de l’équité, du genre, des droits humains et de la résilience. Cette logique prend en compte la nécessité de maintenir la capacité de réponse humanitaire tout en soutenant des solutions durables dans un contexte de fragilité, d’insécurité, de chocs climatiques et de contraintes financières.
Depuis son démarrage, le contexte de mise en œuvre du programme a connu des évolutions significatives, notamment en raison du changement politique intervenu en juillet 2023, qui a entraîné une reconfiguration des partenariats et des financements, avec une diminution des ressources disponibles. Par ailleurs, l’évolution des crises et du contexte politique sous-régional a engendré des coûts additionnels dans la mise en œuvre du programme, notamment en raison des restrictions d’accès humanitaire, qui ont entraîné une augmentation des frais opérationnels liés à la logistique, à la sécurisation des interventions et à la mise en place de mécanismes alternatifs pour atteindre les populations vulnérables. En outre, l’exacerbation des effets du changement climatique a entraîné des inondations et des vagues de chaleur qui affectent les populations et exacerbent leurs vulnérabilités.
Face à ces contraintes, l’UNICEF a ajusté les stratégies d’intervention du programme en collaboration avec le Gouvernement en renforçant l’approche Nexus, la résilience communautaire, les solutions numériques, les chaînes d’approvisionnement, le plaidoyer fondé sur les données probantes et les partenariats pour optimiser les ressources disponibles et préserver la continuité des services essentiels. Les résultats annuels font état de progrès dans plusieurs domaines, notamment la vaccination, la nutrition, l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’éducation, la protection de l’enfant, la protection sociale et l’enregistrement des naissances, tout en soulignant des défis persistants liés à la pauvreté, à la malnutrition, à la mortalité néonatale, à la scolarisation, à l’insécurité, aux chocs climatiques et à la contraction des financements externes.
L’évaluation revêt une importance stratégique pour l’UNICEF, le Gouvernement et les autres partenaires, car elle permettra d’apprécier la pertinence, l’efficacité, l’efficience, la durabilité et la prise en compte du genre, de l’équité et des droits humains dans la conception et la mise en œuvre du Programme. Elle contribuera à documenter les résultats obtenus, les facteurs ayant facilité ou freiné la mise en œuvre, les approches, les enseignements tirés et les ajustements nécessaires pour la suite du cycle programmatique et la préparation des orientations futures.