Termes de référence pour la réalisation d’une cartographie des ouvrages hydrauliques et l’identification participative des besoins prioritaires dans les zones transfrontalières.

UNICEF
Termes de référence pour la réalisation d’une cartographie des ouvrages hydrauliques et l’identification participative des besoins prioritaires dans les zones transfrontalières. Request for proposal

Reference: 9204171
Beneficiary countries or territories: Senegal
Published on: 22-May-2026
Deadline on: 22-Jun-2026 00:00 (GMT 00.00)
Description

Les zones frontalières du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal sont confrontées à de multiples vulnérabilités structurelles, notamment le stress hydrique, la dégradation environnementale, la variabilité climatique, la pression démographique et les capacités limitées de gouvernance locale. Ces facteurs combinés fragilisent les moyens de subsistance des populations et accentuent les tensions autour de l’accès aux ressources naturelles.

En Mauritanie, les précipitations irrégulières et souvent insuffisantes entraînent régulièrement l’assèchement des eaux de surface ainsi que l’épuisement progressif des puits, barrages et forages. L’accès aux services d’eau potable demeure un défi majeur : en 2018, près de 23 % de la population n’y avait pas accès, une proportion qui atteint environ 50 % dans les zones rurales. Selon l’Indice de risque climatique pour les enfants (IRCE) publié par l’UNICEF[1], la Mauritanie se classe au 40ᵉ rang mondial avec un score de 6,7[2], témoignant d’une forte exposition des enfants aux chocs climatiques et environnementaux.

Au Mali, les projections climatiques indiquent qu’à l’horizon 2100, les régions humides pourraient connaître une augmentation de 10 à 40 % du risque d’inondations, tandis que les régions sèches pourraient subir une diminution de 10 à 30 % de la disponibilité en eau. Le pays occupe la 29ᵉ place de l’IRCE avec un score de 7,3, confirmant une vulnérabilité importante face aux effets du changement climatique.

Le Sénégal, déjà confronté à un stress hydrique croissant, devrait quant à lui faire face à une augmentation de 30 % à 60 % des prélèvements en eau d’ici 2035[3], selon la Banque mondiale. Avec un score de 7,5 sur l’Indice de risque climatique pour les enfants, le pays se situe au 22ᵉ rang sur 163 pays et territoires.

Dans ces trois pays, les populations rurales dépendent largement des systèmes agro-pastoraux et des ressources naturelles – notamment l’eau, les sols et les pâturages – ainsi que des cycles climatiques. La diminution progressive de la disponibilité en eau, combinée à la modification des itinéraires de transhumance sous l’effet du changement climatique, accentue les tensions entre communautés sédentaires, populations transhumantes, déplacées ou migrantes.

Dans ce contexte, la gestion durable et concertée des ressources en eau constitue un enjeu central pour la paix, la sécurité humaine et le développement durable. La raréfaction de l’eau, associée à la dégradation des écosystèmes et à l’augmentation des besoins, intensifie la concurrence autour des points d’eau et des pâturages. Cette pression fragilise les moyens de subsistance, aggrave l’insécurité alimentaire et peut alimenter des tensions intercommunautaires dans un environnement régional déjà marqué par l’instabilité et les déplacements forcés. Les dynamiques de mobilité humaine – notamment la transhumance transfrontalière, les migrations saisonnières et les déplacements liés aux chocs climatiques et sécuritaires – influencent fortement l’accès, l’usage et la pression exercée sur les ressources en eau dans les espaces frontaliers. Ces mobilités, lorsqu’elles ne sont pas prises en compte dans la planification et la gouvernance des infrastructures hydrauliques, constituent un facteur aggravant de tensions et de conflits.

Les fermetures des frontières Mauritanie-Mali et Mali-Sénégal à la transhumance ont conduit à un blocage des troupeaux domestiques et à l’afflux exceptionnel d’animaux s’exerçant dans un contexte où les zones frontalières Mauritanie-Sénégal concentrent plus de 11 millions de têtes de bétail sénégalais, notamment à Tambacounda et Matam. À cette pression structurelle s’ajoute le report de troupeaux mauritaniens, dans un contexte où près de 55 % du cheptel mauritanien transhume habituellement vers le Mali et se trouve désormais contraint de se redéployer. Une note récente sur la transhumance dans les régions de l’Est du Sénégal font état de flux additionnels de l’ordre de 20 000 à 60 000 bovins, susceptibles de transiter ou de stationner dans les zones frontalières sénégalaises, accentuant fortement la pression sur les ressources pastorales et hydriques, les risques de conflits entre usages et usagers, et la fragilisation des équilibres territoriaux et socio‑économiques.

L’objectif général est de produire une cartographie exhaustive, géoréférencée et analytique des ouvrages hydrauliques dans les zones d’intervention du projet afin de soutenir la planification, la prise de décision et la gestion pacifique des ressources en eau.